Parentalité

Et si se disputer DEVANT les enfants n’était pas si grave…

Préambule : attention, ce billet n’a pas pour vocation d’inciter à quelque dispute que ce soit, ni de banaliser les violences conjugales (si d’ailleurs vous en êtes sujets, faites vous aider de toute urgence). Je parle là de “disputes ordinaires”, sans violences, des disputes de couple tout simplement…

C’est vrai, depuis que je m’intéresse à la parentalité (c’est à dire, depuis mes études d’éducatrice de jeunes enfants : à lire à propos de moi) j’entends souvent (pour ne pas dire tout le temps) “surtout, ne vous disputez jamais devant les enfants”, “il faut faire “bloc”, les adultes doivent toujours être solidaires entre eux”. Bien entendu, j’étais totalement d’accord avec ce principe (haha, on en parle de ce mot ??? LOL).

Vous avez dit désaccord ?

Sauf qu’un jour, la réalité m’a rattrapé : je suis devenue maman et je ne suis pas forcément d’accord sur tout avec mon cher et tendre mari… Et là, je ne sais pas vous, mais quand je sens que le ton monte, j’ai quand même beaucouuuuuuuup de mal à dire : “écoute mon chéri, nous n’allons quand même pas nous disputer devant notre petit ange… Attendons donc qu’il soit couché pour nous disputer…” Euh… non. En fait, quand je me dispute, ce n’est pas vraiment prémédité, alors essayer de retarder la dispute, ça me semble (parfois) compliqué !

Bon, revenons-en au fait. Après avoir culpabilisé pendant longtemps de tous les manquements, toutes les fautes, toutes les erreurs que je commets (encore) tous les jours (merci les blogs de parentalité culpabilisante (sic)), je me suis penché sur la question. Si je n’arrive pas à NE PAS me disputer devant les enfants, comment puis-je faire en sorte que cette dispute “serve à quelque chose” ?

Un modèle, en matière de … disputes ?

En fait, comme j’en ai parlé dans l’article précédent sur la bienveillance envers soi-même, nous sommes, en tant que parents, LES modèles de nos enfants (qu’on le veuille ou non, qu’on en est conscience ou non !). Et donc, une dispute entre papa et maman est une excellente occasion pour montrer aux enfants COMMENT ça se passe quand on n’est pas d’accord ! Et oui ! Je prône la bienveillance envers mes enfants et moi-même, la moindre des choses serait aussi de l’appliquer à mon couple ! 🙂 (Croyez-moi, c’est loinnnnn d’être aussi facile, pour moi en tous cas !). Donc, au lieu de monter sur mes grands chevaux à la première contrariété, j’essaye plutôt de réagir en parlant de ce que je ressens : “quand tu dis ça, je me sens vraiment blessée”. C’est vrai, ce n’est pas évident, mais j’y arrive (de temps en temps) et de plus en plus souvent (j’espère !) donc c’est largement jouable pour vous aussi 😉 !

Et quand ma colère monte ?

D’autres fois, je réagis mal : je l’accuse, je ne l’écoute pas, je n’essaye même pas de le comprendre. Je m’enferme dans ma colère et il faut attendre que mon émotion soit moins forte pour que je me rende compte du mal que j’ai pu faire. Là encore, une fois que je reconnais mon erreur (même si ma seule erreur c’est de m’emporter !), je lui demande pardon devant les enfants ! Ce n’est pas un signe de faiblesse, au contraire, c’est faire preuve de grande maturité que de reconnaitre (au moins) qu’on a mal réagit ! L’exemple que vous donnez à vos enfants en demandant pardon est encore une fois vraiment important ! Vous pouvez même accompagner vos mots d’un geste tendre. Le langage non verbal aura un impact encore plus fort. Votre enfant verra que les adultes peuvent aussi se disputer, mais qu’ils reconnaissent leurs erreurs et savent s’excuser ensuite ! (Bien sûr, soyez sincères !)

Encore une fois, à chaque fois qu’une discussion un peu houleuse se termine en VRAI compromis (c’est à dire où mon mari et moi sommes tous les deux satisfaits du résultat), l’exemple donné aux enfants est inestimable : il est possible de ne pas être d’accord, mais en ayant une oreille attentive, en prenant l’autre en considération, en faisant preuve d’empathie, de respect, nous pouvons trouver un terrain d’entente !

Pas toujours d’accord…

Et puis, il y a tous ces sujets récurrents, “les sujets qui fâchent”, ceux qui sont plus sensibles, ceux pour lesquels les compromis sont plus difficiles à trouver. Clairement, je n’aborde pas ces sujets devant les enfants ! Il ne s’agit pas de ne pas en parler, mais de trouver le moment opportun pour le faire : le but n’étant pas de convaincre l’autre, mais simplement de partager sur ce que l’un ET l’autre ressent/pense/souhaite sur ledit sujet !

Et quoi de plus normal que d’avoir des opinions différentes ? Je crois qu’il est bon de rappeler que nous avons chacun une éducation différente, vécu des expériences différentes, on évolue à un rythme différent, on n’a pas les mêmes lectures, les mêmes réflexions, on n’est pas sensibles aux mêmes choses… bref, nous sommes uniques, différents ! Et c’est donc normal de ne pas être sur la même longueur d’ondes sur tous les sujets !

Une astuce “anti-dispute”

Avant de conclure, j’aimerai quand même vous laisser une petite astuce qui pourrait vous servir pour apaiser les tensions : prenez soin l’un de l’autre. Prenez du temps en couple, régulièrement. Remplissez le “réservoir affectif” de votre conjoint Ne laissez pas la colère vous éloigner l’un de l’autre.

Je vous partage un extrait d’un petit conte indien qui m’a beaucoup parlé :

Un sage hindou qui était en visite au Gange pour prendre un bain a remarqué un groupe de personnes criant de colère les uns après les autres. Il se tourna vers ses disciples, a souri et a demandé :

Savez-vous pourquoi les gens crient les uns sur les autres lorsqu’ils sont en colère ? […] Pourquoi crier quand l’autre personne est juste à côté ? […]

Quand deux personnes sont en colère l’une contre l’autre, leurs cœurs sont séparés par une grande distance. Pour couvrir cette distance, ils doivent crier, car sinon ils sont incapables de s’entendre l’un et l’autre. Plus ils sont en colère et plus ils auront besoin de crier fort pour s’entendre et couvrir cette grande distance.

Que se passe t-il lorsque deux personnes tombent en amour ? Ils ne crient pas, mais se parlent doucement parce que leurs cœurs sont très proches. La distance entre eux est quasi inexistante !

Le sage continua…

Quand ils s’aiment encore plus, ils ne se parlent pas, ils chuchotent et obtiennent encore plus de proximité et plus d’amour. Enfin vient un moment où ils n’ont même plus besoin de chuchoter, ils se regardent seulement l’un et l’autre et se comprennent.

Ainsi, quand vous discutez les uns avec les autres, ne laissez pas vos cœurs s’éloigner. Ne dites pas de mots qui vous pourraient vous éloigner davantage, ou bien viendra un jour où la distance sera si grande que vous ne trouverez pas le chemin du retour…”

En conclusion

Vous l’aurez compris, le but n’est pas de se disputer devant les enfants. Je tiens quand même à souligner que pour un enfant, grandir dans un environnement de cris, de disputes incessantes, de stress peut être vraiment délétère pour son développement cognitif et intellectuel. MAIS, s’il vous arrive de vous disputer devant eux, arrêtez de vous culpabiliser ! Et essayez plutôt de renverser la situation pour qu’elle puisse être source d’apprentissage pour vos enfants !

Crédit photo : dolgachov

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