Parentalité

5 astuces pour éviter les crises des enfants

C’est l’été, il fait chaud. Ca vous dit une petite glace, histoire de se rafraichir, et de se faire plaisir ?! Moi aussi ! Je cherche le paquet de glaces (pour une fois que j’avais anticipé LOL) et j’en propose aux enfants, pour leur faire plaisir, à eux aussi. Evidemment, il y a plusieurs parfums et pas assez pour que tout le monde ait le même… (Vous la sentez venir l’embrouille ?) Je vous passe les détails, mais quelques minutes (que dis-je, secondes !!) plus tard, le ton monte, les cris s’intensifient et la crise éclate. Voilà. Le décor est planté. Je suppose que je ne suis pas la seule à vivre ces moments de solitude où je me dis que j’aurais mieux fait de manger ma glace tranquillement (cachée au fond de la cave, certes) mais tranquillement quand même !!

Ce genre de situation (au cas où ça ne vous parle pas du tout) peut se transposer de mille et une manières : vous êtes au parc de jeux et c’est le moment de rentrer; vous  arrivez chez les grands-parents et les enfants ne veulent pas dire bonjour; vous attendez à la caisse du supermarché et votre chouchou veut les bonbons exposés sous ses yeux; vous demandez à votre enfant de ranger sa chambre et il refuse,… (n’hésitez pas à compléter la liste selon vos envies !)

Toutes ces situations ont un point commun : elles se finissent de la même en manière, votre enfant refuse de vous “obéir”, vous insistez d’abord avec le plus de bienveillance possible mais très vite, le ton monte et ça se termine par une crise.

Une autre issue

Mais… grande révélation : saviez vous qu’il est possible que cela se passe différemment ? Ouiiiiii ! C’est possible !!! En fait, il suffit très souvent d’amorcer la situation autrement. Alors oui, il faut se forcer (au début) pour essayer de penser autrement, d’agir différemment, mais très vite, cela deviendra naturel. Voilà donc mes petites astuces qui vont faire des miracles ! (Je vous promets que si vous essayez, vous ne serez pas déçus. On a souvent tendance à se dire que ça ne marchera pas sans faire l’effort d’essayer, mais vous verrez, vous serez surpris !)

1 : Laissez leur le choix

Dans la plupart des situations évoquées juste avant, il est possible de proposer un choix à votre enfant. Pourquoi le laisser choisir ? Tout simplement parce qu’il sera beaucoup plus enclin à coopérer avec vous s’il se sent investi dans ce qu’il fait et pas simplement exécutant d’un ordre qu’on lui aurait donné. Alors pas n’importe quel choix non plus, mais simplement lui proposer 2 options : votre enfant pourra choisir la solution qu’il préfère. Par exemple : si c’est le moment de partir à l’école et qu’il n’est pas décidé, demandez-lui s’il préfère mettre ses baskets ou ses bottes pour partir ? Ou s’il refuse de dire bonjour à ses grands parents (je ferai un article sur la politesse si ça vous intéresse ?!), proposez-lui de choisir entre dire bonjour en serrant la main ou en faisant un petit signe de la main ! Ou encore, s’il refuse d’aller se laver quand vous le lui dites, offrez lui le choix : “tu préfères y aller avant de manger ou après le repas ?” ou “tu préfères prendre un bain ou prendre une douche ?”  Vous verrez très vite que les enfants apprécient de choisir puisque ça les rends acteurs de la situation.

2 : Anticipez

Bien souvent, on est pris dans nos propres activités, dans nos journées qui vont à mille à l’heure et on oublie que les enfants n’ont pas vraiment la notion du temps, qu’ils n’ont pas une “vue d’ensemble” de la journée. Les enfants se sentent pressés, bousculés, ils n’arrivent pas à se projeter dans la journée, ils se sentent frustrés,… Un moyen tout simple d’éviter que la situation ne vous échappe, c’est simplement de prévenir les enfants. Il ne veut pas partir de l’aire de jeux alors que “c’est l’heure” ? Prévenez-le 5 minutes avant en lui disant précisément le temps qu’il lui reste : “tu peux encore descendre 3x du toboggan et ensuite on y va”. Vous êtes chez des amis et c’est le moment de rentrer ? Prévenez-le, (même plusieurs fois) dans le quart d’heure qui précède votre départ. (Bon, essayez d’éviter les “on y va dans 5 minutes” pour ne partir qu’une heure plus tard…). Votre enfant aura le temps d’assimiler l’information et sera plus disposé à venir quand le moment sera venu ! Bref, pensez à prévenir vos enfants de la fin de quelque chose et lui permettre de se préparer à la fin de son activité ! Pensez-y dès ce soir, quand ce sera le moment d’aller se coucher, prévenez-le quelques minutes plus tôt et racontez-moi en commentaire si le coucher a été plus facile !

3 : “Vouloir” est différent de “avoir envie de”

On a parfois tendance à confondre le “j’ai envie de quelque chose” et l’exigence “je veux ça”. Prenons un exemple : au cours d’une balade pendant vos vacances, vous passez à proximité d’une agence immobilière. Vous vous arrêtez quelques instants, rêvant de belles villas en bord de mer. Maintenant, imaginez vous devant un rayon de jouets avec votre enfant à côté de vous. C’est exactement pareil, il regarde, il rêve, il se dit (ou vous dit) qu’il aimerait bien celui-là, et celui-ci, et ça aussi et peut-être encore ça. OK. Il en a envie. Ca ne veut pas forcément dire qu’il le veut ! Revenons à notre vitrine de villas à vendre : si au moment où votre conjoint s’arrête pour regarder, vous le tirez par le bras en disant “non, tu n’auras rien du tout, viens ici tout de suite”, il risque de vous regarder de travers et de protester, non ? Pourtant c’est ce qu’on a tendance à faire avec nos enfants aussi dès qu’ils osent dire qu’ils ont envie de ça ou de ça. Et si on les laissait regarder ? Et si on les encourageait à regarder ? “Oh, et tu as vu celui-là ? Il a de belles couleurs ! Oui, c’est vrai ça donne très envie de l’acheter ! Et celui-là, regarde comme il est étrange/bizarre/drôle/gros/petit !? Qu’est ce que tu aimes sur celui-ci ?”

Gardez cette astuce en tête et vous vous apercevrez qu’il arrive assez fréquemment que nous créons nous-mêmes des situations conflictuelles simplement parce qu’on ne prend pas le temps d’écouter, d’observer avec nos enfants ! Laissons-les rêver simplement !

4 : Communiquez !

On oublie trop souvent que les enfants comprennent tout ce qu’on leur dit, encore faut-il leur exprimer clairement nos attentes, nos besoins ! Si je suis pressée le matin pour être à l’heure, et que je répète juste aux enfants “allez, dépêchez-vous, on va être en retard…” je suis à peu près sûre que le temps qu’on arrive à la voiture, j’aurais essuyé 2 ou 3 crises inhérentes à mon attitude. Alors que si je leur dit précisément : “bon, on est un peu tard. J’ai besoin que tout le monde y mette du sien, sinon je vais être en retard au travail et ça me stresse”, il y a de fortes chances qu’ils soient plus enclins à coopérer et qu’ils comprennent pourquoi je les presse ce jour-là ! (bon, et si ça vous arrive tous les matins, essayez de partir 10 minutes plus tôt, vous éviterez aussi le stress du matin, ce sera bien plus agréable  pour tout le monde !). Autre situation : vous êtes en voiture, et votre enfant se met à dire qu’il a soif. Au lieu de tout faire pour qu’il se taise (et qu’il termine par s’énerver) il est probable que le trajet se passe mieux si ses besoins sont reconnus, si vous l’aidez à les exprimer clairement, à se projeter dans un avenir proche  : ”ah tu as soif ? Zut, j’ai oublié de prendre de l’eau. Tu aimerais boire dès qu’on arrive ? De quelle couleur est le verre, tu t’en souviens ? De l’eau bien fraîche ? Avec un glaçon ? Tu as déjà pris un glaçon dans ta main ? C’était comment ?” Votre enfant sait que son besoin a été entendu, il arrive à s’imaginer en train de boire, et petit à petit pense à autre chose, échange avec vous et arrive à patienter un certain temps !

Dans tous les cas, essayez d’exprimer le plus clairement vos besoins, vos attentes, ça vous évitera de gros malentendus suivies généralement par des crises. N’oubliez pas que les enfants ont un cerveau immature qui ne leur permet pas de réfléchir comme un adulte.

5 : Conséquences

En tant que parents, on a parfois du mal à laisser nos enfants assumer les conséquences de leurs propres choix. Et si finalement c’était une bonne méthode pour leur enseigner quelque chose ? Votre enfant veut mettre ses bottes pour aller à l’école alors qu’il fait chaud ? Eh bien, laissez le faire l’expérience une journée, je suis sûre que le lendemain il choisira une autre paire ! Il ne veut pas aller se reposer dans l’après-midi ? Ok, dans ce cas il est prévenu que l’heure du coucher du soir sera avancée pour lui…

Essayez de respecter les choix de votre enfant, même si ça peut vous paraître absurde (c’est juste parce que vous avez déjà de l’expérience alors que lui non !) L’idée n’est pas de le laisser faire tout ce qu’il veut en se contentant de dire “je te l’avais bien dit”, mais parfois, au lieu d’insister et de s’enliser dans une énième crise, lâchez un peu du lest (tout en garantissant la sécurité de votre enfant, bien sûr !) et laissez le expérimenter par lui-même ! Et puis, s’il s’en suit un échec, parlez-en simplement avec lui et demandez-lui ce qu’il pense de la situation. C’est aussi une excellent occasion de créer du lien avec son enfant !

En conclusion

Vous aurez peut-être l’impression que c’est plus fatiguant, qu’il faut beaucoup “réfléchir”, être inventif, à l’écoute,… oui, c’est vrai, cela demande de l’énergie, de la patience. Mais essuyez des crises à longueur de journée est tout aussi énergivore et bien moins agréable pour tous !

Je rajouterai juste que parfois, on veut faire plaisir à nos enfants, en leur achetant une glace, en faisant une sortie spéciale avec eux, et que la journée/le moment ne se passe pas du tout comme on l’avait espéré. On a tendance à réagir en menaçant les enfants “la prochaine fois, on ne fera plus ça !” ou “j’ai réservé spécialement pour vous et c’est comme ça que vous me remerciez ? Eh bien c’est la dernière fois !!!”. En y réfléchissant, c’est souvent nous, en tant que parents qui avions des attentes (souvent non formulées) envers nos enfants ! Eux, restent des enfants (pour le moment), encore immatures, en pleine construction, en plein développement ! Soyons compréhensifs et bienveillants (et pas laxistes !)

Et surtout, n’hésitez pas à compléter en commentaire si vous avez des astuces qui fonctionnent bien et qui permettent de garder une relation parent-enfant équilibrée et positive. Je me ferai une joie de compléter l’article avec vos idées !

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4 commentaires

  • Marie

    Merci pour cet article vraiment intéressant et si agréable à lire tellement c’est bien formulé ! Personnellement j’ai très peur de tomber dans le concept d’enfant roi alors laisser le choix au départ ne fait pas partie de mes principes et pourtant sans m’en rendre compte je l’ai déjà expérimenté et en effet ça marche et la finalité c’est que c’est moi qui obtient ce que je voulais à la base donc c’est pas mal. En effet, toujours dans la bienveillance donc on va pas proposer des trucs improbables. Pareil, passer dans un rayon de jouets, c’est toujours une appréhension mais effectivement j’ai remarqué que quand on s’arrête on regarde et finalement en partant on explique ou on lance un autre sujet, ça passe ! Après la mienne est petite et je suis au début du test je pense que je vais encore beaucoup apprendre ! Je ne suis pas pour le fait de passer sa vie à expliquer tout pendant une heure pour détourner des crises mais parfois quelques mots peuvent changer la donne. Merci en tous cas, cela fait du bien d’avoir enfin un support pour nous aider qui ne nous pousse pas vers des concepts un peu « extrémistes ».

    • Noémie

      Merci Marie pour ton commentaire. D’ailleurs, je suis en train d’écrire un article sur les enfants roi, ton commentaire m’a beaucoup inspiré ! En tous cas, je suis ravie d’avoir pu te donner des pistes, même si ta fille est petite, je pense que d’avoir des idées en tête sur ta façon de réagir peut déjà désamorcé beaucoup de crises qui (peuvent) arriver dans les prochains mois… !
      A bientôt !

  • Marylène

    Excellent article !
    Je rajouterais aussi que souvent les crises révèlent un besoin non comblé derrière..
    Quand ma fille pleure ou “fait des crises” à tout bout de champ, souvent, c’est qu’elle est fatiguée, ou que son réservoir affectif est vide ! alors, au lieu de m’énerver et bloquer sur l’objet de la crise, j’essaie de régler ça avant toute chose 😀

    PS : et du coup, tu fais comment si tout le monde veut la même glace ??? 😂😁😁😁

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